L’intérieur de l’église

 

La visite de l’extérieur de l’église permet d’en aborder l’histoire et l’’architecture

Celle de l’intérieur est l’occasion de s’appesantir sur ses éléments de décoration et d’en apprendre un peu plus sur les personnages qui ont contribué à leur réalisation et à leur mise en valeur.

Pour commencer nous vous proposons, dès votre entrée dans l’église, de vous installer confortablement sur l’un des premiers bancs situés à votre droite car vous vous préparez à entrer dans une longue histoire……

1ère étape :

Transportons-nous quelques 135 ans en arrière. La décoration de l’église dans laquelle nous sommes, ne ressemble pas celle que nous voyons aujourd’hui.

Imaginons.

Les murs autour de nous sont totalement recouverts de couches de badigeon blanc.

À l’entrée de l’église, si nous levons la tête, nous voyons le plancher de la tribune, accessible de l’extérieur, construite en 1880 pour les petites filles.

Comme sur la carte postale ancienne ci-dessous (légèrement modifiée pour illustrer le propos), à l’autre extrémité de la nef, nous voyons les autels secondaires implantés de chaque côté. Ils sont dédiés à Saint Sébastien à gauche et à la Vierge Marie à droite. Au dessus de chaque autel, les retables sont d’époque Louis XlV.

Derrière le lutrin en forme d’aigle on aperçoit la chaire à prêcher, un autel-tombeau et deux statues. Il faut imaginer, à l’arrière-plan, un retable en bois peint recouvrant à l’époque le fond de l’abside.

Aucune trace d’arcatures ni de peintures murales et pour cause, elles ne sont apparues qu’à partir de 1888 grâce à la curiosité de l’abbé Joubin, curé de Savigny.

Celui-ci va découvrir, dans le mur de la sacristie mitoyen de l’abside, au niveau des combles, un bas-relief roman représentant un christ en majesté. Il va décider de soulever, côté face, une planche du retable et apercevoir des sculptures.

De fil en aiguille, va être ainsi être rendue visible la totalité de l’arcature romane de l’abside puis les peintures qui y sont inscrites.

On ira aussi gratter le badigeon du mur nord de la nef et y mettre à jour la peinture murale vers laquelle nous allons maintenant nous tourner.

 

Elle représente la Cène, dernier repas pris par le Christ avec ses apôtres.

 

Elle mesure 4,30m sur 1,35m  et les derniers érudits qui l’ont étudiée la date de la toute fin du 13ème siècle.

Comme souvent, il s’agit d’une composition symétrique, les apôtres étant situés de part et d’autres du Christ situé au centre et le seul représenté de face.

Sur le devant de la table sont disposés des plats de poissons, des pichets, des cruches des coupes. À l’arrière, des miches de pain, des biscuits.

 

Alors que le Christ bénit, les apôtres discutent, boivent ou mangent. On en reconnaît certains : Jean la tête penchée sur l’épaule du Christ, Pierre et sa clé, Judas de l’autre côté de la table avec sa bourse à la ceinture et, invraisemblance, Paul avec son glaive ! Car, si on fait le compte, il y a 14 personnages et non 13 comme dans une Cène traditionnelle. Paul s’est converti plus tard et n’était pas là lors de ce repas..

 

La mort de l’abbé Joubin en 1894, soit 6 ans seulement après sa première découverte, a mis un terme à la poursuite des investigations. Pire, des peintures mises à jour sur les murs de la nef ont été recouvertes. Certaine montrait paraît-il un diable effrayant !

 

Il est probable que des peintures existent encore un peu partout dans la nef et le badigeon qui s’effrite en laisse apparaître ça et là des traces.

On en voit par exemple à proximité de la Cène ou sur le mur d’en face, en bas à droite du deuxième vitrail, où l’on distingue un pilier avec son chapiteau et le début de deux arcades. Selon les spécialistes, ce vestige montre, « qu’au moins de ce côté, existait un faux soubassement constitué d’une arcature en trompe-l’œil. »  

 

Sur ce mur Sud, on remarquera les statues de Saint Marcouf et de Saint Clair données à l’église vers 1830. Leur support en bois sculpté de feuilles d’acanthes est du 18ème siècle..

 

Tournons-nous à nouveau vers le mur Nord pour examiner les étroites fenêtres romanes. Bien que non signés, leurs vitraux sortent probablement de l’atelier des maîtres-verriers Mauméjean dont on trouve d’autres œuvres dans l’église.

Ces verrières datent du début des années 1950 et représentent des moines en référence au prieuré qui servait l’église jusqu’à la Révolution. Il se dit qu’on a donné à celui armé d’un bâton de pasteur l’apparence de l’abbé David, rescapé du camp de concentration où il avait été envoyé pour faits de résistance, et curé en charge de Savigny à l’époque de ces travaux.

 

Quittons maintenant notre banc pour nous diriger vers le dernier vitrail à droite de la nef.

En avant pour notre deuxième étape.